
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les montants, taux et règles mentionnés sont susceptibles d’évoluer. Consultez une société de portage ou un conseiller spécialisé pour évaluer votre situation.
Le portage salarial en 30 secondes
- Vous facturez vos clients, une société de portage vous verse un salaire
- Contrat de travail (CDI ou CDD), bulletin de paie, cotisations sociales incluses
- Chômage, retraite, mutuelle, prévoyance : vous gardez tout
- Frais de gestion : comptez entre 5 et 10 % de votre chiffre d’affaires
- Accessible avec un Bac+2 ou 3 ans d’expérience dans votre domaine
Pourquoi le portage salarial attire autant les cadres en quête de liberté
J’ai accompagné Marc l’année dernière. 48 ans, ancien directeur commercial, licencié après une restructuration. Il voulait se lancer en conseil stratégique mais l’idée de créer une SASU le paralysait. Ce qui le bloquait vraiment ? Perdre ses 18 mois de droits au chômage acquis en cas d’échec. Je lui ai présenté le portage. Six mois plus tard, il facture ses premiers clients sans avoir touché à ses allocations potentielles.
Le mécanisme du portage repose sur une relation tripartite définie selon l’ordonnance du 2 avril 2015 : vous trouvez vos missions et négociez vos tarifs directement avec vos clients. La société de portage devient votre employeur légal, établit le contrat commercial avec le client et vous verse un salaire. Vous exercez en autonomie totale sur le terrain, mais administrativement, vous restez salarié.

Soyons clairs : le portage n’est pas une solution miracle pour tout le monde. Il s’adresse aux professionnels capables de trouver leurs clients seuls. La société de portage gère votre administratif, pas votre commercial. Si vous cherchez une structure qui vous apporte des missions, ce n’est pas ici. Mais si vous avez déjà un réseau ou des pistes de clients, le portage vous libère de tout ce qui freine habituellement le passage à l’indépendance.
Portage, auto-entrepreneur, création d’entreprise : le vrai comparatif
Avant de foncer, prenez le temps de comparer. Ce qui me frappe souvent chez les consultants que j’accompagne, c’est la confusion entre ces statuts. Voici ce que j’aurais aimé qu’on m’explique clairement quand j’ai démarré dans ce métier.
| Critère | Portage salarial | Auto-entrepreneur | SASU/EURL |
|---|---|---|---|
| Protection chômage | Oui (cotisations ARE) | Non | Possible sous conditions |
| Retraite régime général | Oui | Non (SSI) | Oui (si assimilé salarié) |
| Plafond CA | Aucun | 77 700 €/an services | Aucun |
| Gestion administrative | Déléguée | Simplifiée | Complète à gérer |
| Coût/charges | 5-10 % + cotisations | 22 % forfaitaire | 45-50 % charges |
Ce que le portage vous évite vraiment
Pas de statuts à rédiger, pas d’immatriculation, pas de comptabilité à tenir, pas de TVA à déclarer. D’après le Ministère du Travail, la société de portage assume l’ensemble des obligations administratives et sociales. Vous vous concentrez sur votre métier. C’est l’argument numéro un pour les profils qui veulent tester une activité avant de s’engager plus loin.
Là où l’auto-entrepreneur reste imbattable
Si votre TJM reste modeste (en dessous de 300 € par jour) et que la protection chômage ne vous concerne pas, l’auto-entreprise coûte moins cher. Franchement, pour les petites activités complémentaires ou les revenus occasionnels, le portage ne se justifie pas toujours financièrement. Cette liste n’est pas exhaustive, mais concentrez-vous sur ce qui compte : votre niveau de revenus et votre besoin de protection.
Quand créer sa structure devient pertinent
Au-delà de 80 000 € de CA annuel facturé, les économies réalisées en créant votre propre structure compensent généralement la complexité de gestion. C’est à ce moment-là que je recommande à mes clients de basculer. Le portage fait un excellent tremplin pour valider son marché avant d’investir dans une création. Pour approfondir les raisons de choisir le portage salarial dans votre situation, évaluez d’abord votre volume d’activité réaliste sur 12 mois.
Protection sociale en portage : ce que vous gardez (et ce que vous gagnez)

C’est le point qui rassure le plus les cadres que j’accompagne. En portage, vous cotisez au régime général de la Sécurité sociale, exactement comme un salarié. Cela inclut l’assurance maladie, la retraite de base et complémentaire, la prévoyance, et surtout l’assurance chômage. Si votre activité s’arrête, vous pouvez, sous conditions d’ancienneté, percevoir des allocations France Travail. Ça change tout pour ceux qui hésitent.
Pour choisir votre société de portage, des acteurs comme itg.fr proposent un accompagnement structuré. Mais avant de signer, passez en revue les points essentiels qui font la différence au quotidien.
5 points à vérifier avant de choisir votre société de portage
- Vérifier l’existence de la garantie financière (obligatoire légalement)
- Comparer les taux de frais de gestion sur différents niveaux de CA
- Demander le détail des services inclus (formation, réseau, outils)
- Consulter les délais de paiement après facturation client
- Vérifier les conditions de la mutuelle et prévoyance proposées
Attention toutefois : le Ministère du Travail précise que le portage est interdit pour les services à la personne et les professions réglementées (médecins, avocats, architectes, experts-comptables). Si vous exercez dans ces domaines, ce statut ne vous concerne pas.
Salaire net en portage : calcul réaliste et pièges à éviter
Voici le point qui génère le plus de déceptions quand il est mal anticipé. Je ne vais pas vous mentir : entre ce que vous facturez et ce que vous touchez réellement, l’écart peut surprendre.
45-50%
du chiffre d’affaires facturé correspond à votre salaire net en portage
Ce ratio prend en compte les frais de gestion (entre 5 et 10 % selon l’analyse 2025 d’Ad’missions), les cotisations sociales patronales et salariales, et les éventuelles réserves pour intermission. Concrètement, pour toucher 3 000 € net par mois, il vous faut facturer autour de 6 000 à 6 500 € HT.
Vigilance sur le calcul de votre TJM minimum
Dans les dossiers que j’accompagne régulièrement, l’erreur la plus fréquente reste la sous-estimation des frais dans le calcul du taux journalier moyen. Beaucoup raisonnent en brut et oublient que le net représente à peine la moitié. Ce constat est limité à mon périmètre d’accompagnement en Île-de-France et région lyonnaise, et peut varier selon la société de portage choisie et votre profil.
La convention collective nationale du portage fixe des salaires minimums selon votre classification : 70 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale pour un junior, 75 % pour un senior, 85 % pour le forfait jours. En 2025, cela représente environ 2 750 € brut minimum pour un profil junior en temps plein. Si votre TJM ne vous permet pas d’atteindre ce seuil, le portage n’est pas adapté à votre situation.
Mon avis pour ceux qui veulent aller plus loin : avant de vous engager, faites une simulation précise avec au moins deux ou trois sociétés. La maximisation de votre autonomie professionnelle passe aussi par une compréhension fine de votre rémunération réelle.
Vos questions sur le portage salarial
Est-ce que je garde mes droits au chômage en portage salarial ?
Oui. Vous cotisez à l’assurance chômage comme tout salarié. En cas de rupture de contrat (fin de CDD ou rupture conventionnelle en CDI), vous pouvez prétendre à l’ARE sous réserve des conditions habituelles d’ancienneté. C’est l’un des avantages majeurs par rapport à l’auto-entreprise.
Quel est le TJM minimum pour que le portage soit rentable ?
Comptez un minimum de 350 € par jour pour que le jeu en vaille la chandelle. En dessous, les frais de gestion et cotisations rognent trop votre rémunération nette. Pour les profils seniors, visez plutôt 450-500 € pour atteindre un salaire net confortable.
Puis-je cumuler portage salarial et autre activité ?
C’est possible dans certains cas. Vous pouvez cumuler avec un emploi salarié (sous réserve de clause d’exclusivité), une retraite, ou même une micro-entreprise sur une activité différente. Vérifiez les conditions avec votre société de portage et, si vous êtes salarié ailleurs, avec votre employeur actuel.
Que se passe-t-il si je n’ai pas de mission pendant plusieurs mois ?
En CDI portage, une réserve de 10 % de votre salaire est généralement constituée pour couvrir les périodes sans mission. Si cette réserve est épuisée et que vous ne trouvez pas de client, une rupture conventionnelle peut être négociée, ouvrant droit au chômage.
Le portage salarial est-il adapté aux jeunes diplômés ?
Il faut justifier d’un Bac+2 ou de 3 ans d’expérience professionnelle dans votre domaine. Un jeune diplômé sans expérience significative aura du mal à entrer en portage. Le statut vise des profils experts capables de trouver et négocier leurs missions en autonomie.
Ce qu’il faut retenir avant de vous lancer
Le portage salarial n’est ni une baguette magique ni une arnaque. C’est un outil de transition efficace pour ceux qui veulent tester l’indépendance sans brûler leurs filets de sécurité. Mon avis personnel : si vous hésitez entre créer une structure et vous lancer, commencez par le portage pendant 12 à 18 mois. Vous validerez votre marché, vos tarifs, votre capacité commerciale, sans risquer de perdre vos droits acquis. Et si ça fonctionne, rien ne vous empêche de créer votre société ensuite, avec une vraie visibilité sur votre activité.
Timeline typique du démarrage en portage
Sur les dossiers que j’accompagne, voici les délais que je constate généralement :
-
Premier contact société de portage -
Convention d’adhésion signée -
Contrat de travail établi -
Démarrage de votre première mission
Ce que cet article ne couvre pas
- Ce guide ne remplace pas une analyse personnalisée de votre situation professionnelle et fiscale
- Les frais de gestion et taux mentionnés varient selon les sociétés de portage
- Chaque situation (ancienneté, métier, volume d’activité) nécessite une simulation individualisée
Pour une évaluation complète, consultez une société de portage salarial agréée ou un conseiller France Travail.